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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 03:19

requisition-logement-caen.jpg Catherine Raffait & Sylvie Lhoste

 

 Organisation communiste libertaire

1er juillet 2013

Depuis plusieurs semaines, l’État jette à la rue, dans toute la région, des personnes et des familles avec enfants auparavant logées en foyer d’urgence. Il y en a désormais déjà plusieurs centaines. Ce sont des demandeurs/euses d’asile et d’ici la rentrée, ce sont près de 750 personnes qui risquent de se retrouver à la rue.


La préfecture déclare qu’il n’y a plus d’argent. Et une fois de plus, ce sont les fractions les plus précaires de la population qui se prennent en pleine face les conséquences des politiques d’austérité actuelles, qui consistent à faire payer la crise à celles et ceux qui la subissent afin que celles et ceux qui l’ont causé continuent à faire du profit et à régner sur nos vies. Partout les coupes budgétaires entraînent des dégradations des conditions de vie et/ou de travail (comme la grève à l’hôpital psychiatrique du Bon Sauveur l’a encore montré localement il y a peu de temps).


Au-delà de l’impact des politiques capitalistes d’austérité, cette vague de mises à la rue souligne également le manque de logements décents et accessibles, à Caen comme dans bien d’autres villes. On compte en France 3,6 millions de personnes mal ou pas logées dont 2 123 000 personnes manquant de confort élémentaire et 800 000 vivant dans des logements surpeuplés. Il y a environ 685 000 personnes sans logement personnel :130 000 SDF, 38 000 personnes vivant dans des hôtels, 85 000 vivants dans des habitations de fortune (caravanes, cabanes…), 411 000 personnes hébergées dans leur famille ou chez des amiEs, 18 000 personnes vivent dans des structures sociales d’hébergement ou d’insertion (chiffres de la Fondation Abbé Pierre, qui datent de 2011). 1 220 000 personnes sont en attente d’un logement HLM. 113 000 décisions d’expulsions locatives ont été rendues et 12 759 expulsions ont eu lieu en recourant à l’aide de la police (chiffres 2011).


Mais là où l’injustice se manifeste, il arrive que naisse la résistance. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu à l’initiative du Collectif 14 pour le Respect du Droit des Étrangers. Des entrevues stériles ont eu lieu avec la préfecture qui applique avec zèle les décisions gouvernementales, cherche à gagner du temps, et à disperser les expulséEs en espérant que la période d’été essoufflera la mobilisation. Poussé par l’urgence de la situation et le développement de la mobilisation, le Collectif 14 a appelé à des Assemblées Générales ouvertes qui ont été rejointes par pas mal de gens sans liens avec les associations et organisations politiques et syndicales composant le Collectif 14.


Nous nous réjouissons de la mise en place de ces Assemblées Générales souveraines qui peuvent constituer un moyen efficace d’élargir la lutte en permettant à tout le monde, appartenant ou non à une organisation, d’y participer activement et sur un pied d’égalité. Nous pensons que ce fonctionnement en Assemblées qui a été ébauché doit être approfondi avec la mise en place d’une trésorerie propre à l’Assemblée (afin qu’elle puisse assurer elle-même les tirages de ses propres tracts, se procurer les moyens logistiques qui lui sont nécessaires), une présidence de séance tournante, d’éventuelles commissions de travail thématiques, la mise en place d’un réseau stable de traducteurs/rices permettant aux demandeurs/euses d’asile expulséEs des foyers de participer activement à cette lutte qui les concerne en premier lieu. Il s’agit là d’une question de principe, d’autonomie constructive et de saine indépendance.


En accord avec les décisions de l’Assemblée, qui, face à la situation d’urgence dramatique vécue par les expulséEs, a décidé de durcir les moyens d’action, un bâtiment vide a été occupé au 202 rue de Bayeux à Caen. Cette occupation a été rendue publique vendredi 28 juin, une fois passé le délai de 48 heures rendant impossible, en théorie au moins, une expulsion policière sans procédure juridique. Une telle action collective et directe (sans intermédiaires) d’occupation est évidemment illégale aux yeux de l’État capitaliste mais pleinement légitime à nos yeux. Ce squat de lutte a pour vocation d’offrir aux expulséEs misES à la rue un abri et un point de ralliement, de constituer un lieu de convergence des solidarités et des luttes et un moyen de pression, parmi d’autres, pour tenter d’arracher à la préfecture, par un rapport de force collectif, le relogement des expulséEs.


Nous attirons par ailleurs l’attention sur le fait que cette lutte qui démarre fera vraisemblablement l’objet de quelques tentatives de récupération politico-médiatique et nous espérons que l’Assemblée sera vigilante à cet égard. Cette lutte n’est pas destinée à redorer le blason de partis politiques (PS, Europe Écologie-Les Verts), qui ont des doigts de pied dans le Collectif 14, tout en participant à la coalition gouvernementale actuelle qui rafle et expulse les sans-papiers, construit et gère les centre de rétentions, applique les politiques capitalistes d’austérité et d’attaques contre les droits sociaux (droit du travail, réforme des retraites…) tout en appelant à « s’unir » contre l’extrême-droite dont elle contribue à faire le lit. Nous espérons que personne ne sera dupes des tentatives de double-jeu.


Nous pensons également qu’il faut être vigilantEs face aux attitudes paternalistes envers les expulséEs étrangerEs qui participent à la lutte. Ils et elles n’ont pas à être enferméEs dans leur statut juridique. Ils et elles ne sont pas à être infantiliséEs et déresponsabiliséEs, placéEs sous la « protection éclairée de citoyenNEs françaisES ». Comme toute personne dans l’Assemblée, ils et elles doivent pouvoir décider et participer. Aux attitudes de charité et de pitié, nous préférons la solidarité et l’égalité dans la lutte collective. Il ne s’agit pas pour nous de placer des personnes vulnérables sous une quelconque aile protectrice mais bien plutôt de favoriser des capacités d’autodéfense, d’auto-organisation, d’entraide collectives, mutuelles, réciproques, entre égaux et égales. Nous n’entrerons pas dans des schémas hiérarchisés. Dans le cas contraire, cette mobilisation ne ferait que rester dans une démarche palliative qui nie les conditions politiques et sociales qui créent les expulsions, les problèmes de logement, les sans-papiers...


Faisons circuler l’information. Passons au squat du 202 rue de Bayeux pour participer à la lutte.

Relogement des expulsé-E-s. Personne à la rue.
Ni papiers, ni frontières.

 

Ouest-France

28 juin 2013

« Quelle que soit leur nationalité, solidarité avec les expulsé-e-s » ou encore « Réquisition des logements vides ». Ces slogans, peints sur de grandes banderoles, sont accrochés sur le portail du 202, rue de Bayeux. Le bâtiment est occupé depuis deux fois vingt-quatre heures, ce qui en fait une propriété privée aux yeux de la loi. Voici pour les grandes lignes. Plus concrètement, la procédure d’expulsion de ce bâtiment, anciennement foyer d’accueil social, devient plus longue. À l’initiative de 48 associations, représentant le Collectif 14 pour le respect des droits des étrangers, le lieu est maintenant habité et servira de point d’accueil aux familles, hommes femmes et enfants à la rue.

Cette action va dans la continuité des manifestations des derniers jours, visant à maintenir et confirmer la solidarité contre les personnes expulsées. En chiffre, et d’après le collectif, 5000 logements seraient vacants dans la ville de Caen et plus de 700 personnes supplémentaires seraient potentiellement expulsées d’ici à la fin du mois d’août.

 

 

Communiqué de l’Assemblé générale de lutte contre toutes les expulsions

28 juin 2013

La Préfecture expulse, nous  on réquisitionne les logements vides !

Suite à une décision du Préfet du Calvados de limiter l’accueil des étranger-e-s – demandeur-se-s d’asile ou débouté-e-s du droit d’asile – , une centaine de personnes se retrouve aujourd’hui expulsée des centres d’hébergement d’urgence (115). D’ici fin aout, ce sont 700 personnes qui pourraient se retrouver à la rue. Face à cette situation inacceptable, la préfecture invoque le manque de financements accordés par l’Etat pour ne pas trouver de solution décente. Pourtant, le droit au logement est un droit inconditionnel, et pour nous non négociable, quelle que soit la situation de l’individu.

 

C’est pourquoi il est urgent de répondre à cette situation critique en réquisitionnant un lieu vide pour en faire un espace d’habitation. Par cette occupation nous entendons simplement faire respecter le droit fondamental au logement pour tou-te-s et créer un rapport de force suffisant pour faire céder la Préfecture. Actuellement, il y aurait environ 3 millions de logements vacants en France, dont plus de 5500 à Caen. Si les logements restent vides, c’est pour faire jouer la spéculation immobilière et gonfler les prix. En France, il y a plus de logements vides que de gens qui dorment dehors.


Ce lieu se trouve au 202 rue de Bayeux, 14000 Caen et est occupé depuis mardi 25 juin 2013.


Nous avons besoins, tant humains que matériels. La présence de chacun-e est indispensable. Un appel à la solidarité est lancé. Ce lieu est auto-organisé et géré de manière collective.

Nous appelons à une large mobilisation :

Rassemblement lundi 1er juillet à 18 h devant la Préfecture

Contre la xénophobie de l’Etat

Pour un logement pour tou-te-s.

Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions.

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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