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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 01:56

Philippe Alain

expulsion-bianca-rom.jpgMardi 12 novembre 2013, la France a extradé vers la Roumanie Bianca, une adolescente Rom tout juste âgée de 18 ans, dans la cadre d’un mandat d’arrêt européen. Condamnée à 3 ans et demi de prison pour un vol commis en Roumanie à l’âge de 15 ans, Bianca est aujourd'hui enfermée dans un prison Roumaine.


Jeudi 31 octobre, Bianca va se promener avec ses copines à Miribel, près de Lyon. Le lac de 350 hectares et les immenses espaces verts à 15 mn de Lyon lui permettent de s’échapper de la routine sordide du bidonville où elle vite avec sa famille. Elle et ses amis sont interpellés par la gendarmerie. Les longues robes colorées des jeunes filles ont probablement contribué à attirer l’attention de nos policiers perspicaces sur ce groupe de jeunes. Tout le monde est emmené au poste pour vérification d’identité puis relâché, sauf Bianca. Après une nuit en garde-à-vue, Bianca est transférée à la prison de Corbas où elle reste quelques jours avant d’être transférée à Fresnes. Une semaine plus tard, elle est extradée vers la Roumanie.


En 2010, Bianca a 15 ans. Elle est accusée de vol à l’étalage dans un magasin de Craiova. Elle est jugée et condamnée à 3 ans et demi de prison ferme. Un mandat d’arrêt européen est émis par la justice Roumaine. Arrêtée en novembre 2012, elle est jugée à Grenoble. Lors de l’audience de la cour d’appel de Grenoble, le juge affirme : « ces gens là ont vocation à retourner chez eux en Roumanie ». Tiens, un tribunal est donc une tribune politique où un juge peut propager sans vergogne les thèses nauséabondes d’extrême droite. La cour de cassation confirme ensuite la décision de la cour d’appel. Bianca reste libre, mais la machine est lancée. Malgré plusieurs vérification d’identité, Bianca n’est jamais inquiétée. Jusqu’au 31 octobre.


Aujourd’hui, Bianca croupit dans un prison roumaine. Ce beau pays réputé pour le traitement généreux qu’il applique à la minorité Rom. Les juges et les policiers Français sont heureux. Outre un bâton de plus sur les statistiques chères à Manuel Valls, ils ont appliqué les consignes du patron et du juge: «Ces gens là ont vocation à retourner en Roumanie »

Maria, 2 ans, la petite fille de Bianca, elle, pleure tous les soirs et demande où est sa maman.


Ta maman, Maria, elle est en prison parce qu'elle est Rom. La Roumanie est un pays qui persécute les Roms et inflige à une enfant âgée de 15 ans, 3 ans et demi de prison pour un vol. Ensuite, ta maman a choisi la France où le racisme contre les Roms est le fond de commerce des hommes politiques, de droite comme de gauche. Enfin, si ta maman n'avait pas été Rom, elle aurait certainement bénéficié de l'article 3 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant qui stipule que l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale dans toute décision de justice. Si ta maman n'avait pas été Rom, elle n'aurait probablement jamais été arrêté ce jeudi 31 octobre par des policiers qui appliquent la politique du chiffre. Si ta maman n'avait pas été Rom, elle aurait eu le droit d'aller à l'école puis au lycée et personne n'aurait laissé ce gouvernement raciste l'extrader en silence.


Les socialistes qui s’émeuvent à juste titre du racisme à l’encontre de Madame Taubira sont étrangement silencieux quand le racisme contre les Roms est érigé en doctrine officielle par le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui fait lui-même l'objet d'une plainte pour incitation à la haine raciale. Cette indignation à géométrie variable est d'autant plus insupportable qu'elle est fortement teintée d'hypocrisie et d'opportunisme électoral.

 

 

 

Le Parisien 11 11 2013


Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) reproche au ministre de l'Intérieur ses propos tenus le 17 septembre sur Inter, dans lesquels il évoquait les Roms et leurs «modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation.» Des déclarations qui avaient suscité un fort émoi au sein du Parti socialiste et du gouvernement. Pour le Mrap, le ministre «culturalise de façon essentialiste des modes de vie qui résultent avant tout de la pauvreté» et «crée un sentiment de rejet à l'encontre des Roms.»

Première plainte contre un ministre de gauche

Début octobre, le conseil national de l'association avait décidé «à l'unanimité» de lancer des poursuites, a expliqué son coprésident et avocat, Pierre Mairat. C'est la première fois que le Mrap, créé en 1949, attaque un ministre de gauche. «On ne pensait pas en arriver là, mais c'est conforme à nos valeurs», avait justifié l'avocat. «Le combat du Mrap ne peut pas entrer dans les calculs politiciens.»

Comme lorsque l'association avait déposé plainte contre Claude Guéant en 2011 pour avoir lié l'immigration comorienne à Marseille aux violences dans la ville, la commission des requêtes de la CJR ne devrait pas retenir la plainte. «La CJR est une juridiction d'exception et on doit passer le filtre de la commission des requêtes qui va dire si la plainte est fondée ou non», a expliqué Pierre Mairat. «Le problème, c'est que ce sont des politiques qui la composent. On peut craindre le pire quand on lui confie des sujets aussi importants.»

Le geste pourrait donc être essentiellement symbolique. Pour lui donner plus de poids, le Mrap a tenté de rallier les autres grandes associations antiracistes à son action, en vain. La Ligue des droits de l'Homme (LDH) en a débattu en interne avant de renoncer, évoquant «des doutes sur la pertinence de l'outil juridique par rapport à la vivacité du débat.» Tout en condamnant les propos de Manuel Valls, SOS Racisme et la Licra ont pour leur part immédiatement exclu de se joindre à la plainte.

De son côté, Manuel Valls avait estimé à la mi-octobre que la plainte ne visait qu'à «entretenir des polémiques stériles (...) à attiser des conflits.» «Tout le monde connaît mes convictions républicaines», avait-il ajouté. «Je n'ai pas envie de rentrer dans ces débats.»

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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