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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 03:37

Sylvie Lhoste

liberte-egalite-fraternite-fac-droit.jpgLe Conseil d'Etat a hier soir donné raison au ministre de l'intérieur en maintenant l'interdiction du spectacle de l'ex-humoriste qui ne nous fait plus rire depuis longtemps, notamment depuis qu'il s'est présenté comme le chantre de l'antisémitisme et de l'antisionisme, étant allé en 2009 jusqu'à conduire la liste Egalité et réconciliation qui portait si mal son nom...

 

Le Conseil d'état a statué selon une dépêche AFP que "la réalité et la gravité des risques de trouble à l'ordre public" étaient "établies".

 

Réagissant à cette décision, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré qu'elle « conforte la position du gouvernement » prise pour enrayer la « dérive antisémite » dans laquelle s'est, selon lui, engagé l'humoriste. « Nous ne pouvons pas accepter que, dans notre société, il y ait la moindre complaisance avec l'antisémitisme, totalement étranger à nos valeurs et à nos principes. »

 

Le ministre de l'intérieur, qui avait saisi l'instance, a réagi en assurant « la République a[vait] gagné ». « On ne peut pas tolérer la haine de l'autre, le racisme, l'antisémitisme, le négationnisme, ce n'est pas possible, ce n'est pas ça la France »a-t-il ajouté.

L'engagement du gouvernement face à la xénophobie est louable. Mais demeure insuffisant à au moins deux titres.

 

- A défaut d'avoir été précédé par une pédagogie incluant un rappel à l'histoire dédié à ceux qui payent pour se régaler des propos négationistes, antisémites et haineux du « comique », rien n'est aujourd'hui prévu pour lutter contre l'oubli de la Shoah.
Pire, dans les programmes scolaires publiés dans le Bulletin officiel spécial n°9 du 30 septembre 2010, la seule référence à la Shoah figure sous l'intitulé "La Seconde guerre mondiale: guerre d'anéantissement et génocide des Juifs et des Tziganes".

La Shoah qui a fait plus de 5 millions de victimes ne figure "de façon explicite" que dans peu de pages de manuels scolaires : Belin (page 96), Bordas (p. 112), Hachette (p. 101 et 104 selon les éditions, il y en a deux), Hatier (p.106), Nathan (p.100 et 114 selon les éditions) et Magnard (p.84)...

 

- On peut s'étonner que cette prise de position ministérielle louable ne soit pas la même pour lutter contre TOUTES les xénophobies...

On ne peut oublier les paroles du même ministre de l'intérieur qui a déclaré il y a peu que les Roms étaient des "populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation", ajoutant "qu'ils avaient vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie", précisant : "J'aide les Français contre ces populations, ces populations contre les Français."
On ne peut que déplorer que les actes xénophobes commis contre les arabes ou les noirs ne soient pas punis plus sévèrement, à l'instar de l'appel au meurtre des musulmans sur FB en 2011 ; des filtrages réccurents au faciès à l'entrée des boîtes de nuit ou encore des discriminations à l'embauche.

 

On ne peut, dans ce pays au fronton des administation duquel est écrit Liberté, égalité, fraternité tolérer la haine de l'autre. QUELQUE SOIT « L'AUTRE » !

Et c'est cela qui doit rassembler les membres de la mosaique des individus de toutes origines, culture et religion qui peuplent la France.

 

 

 

Une loi « tendant à réprimer TOUT acte raciste, antisémite ou xénophobe »


justice-565x250.jpgLa loi Gayssot est la désignation courante soit de la loi française no 90-615 du 13 juillet 1990, « tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe », soit de la partie de cette loi (son article 9) qui introduit un « article 24 bis » dans la loi sur la liberté de la presse. Cette loi résultait d'une proposition de loi présentée à l'Assemblée nationale par le député communiste Jean-Claude Gayssot et au Sénat par le sénateur communiste Charles Lederman.

L'article premier de cette loi rappelle que « toute discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion est interdite ». Mais cette disposition ne fait que rappeler la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme.

La loi Gayssot innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l'existence des crimes contre l'humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg, qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de ce statut soit par une personne reconnue coupable de tels crimes. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :

« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »

L'article 6 (c) de ce statut définit les crimes contre l'Humanité :« l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain commis contre toutes populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux, lorsque ces actes ou persécutions, qu’ils aient constitué ou non une violation du droit interne du pays où ils ont été perpétrés, ont été commis à la suite de tout crime rentrant dans la compétence du Tribunal, ou en liaison avec ce crime. »

Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis lors pour étendre l'application de la loi Gayssot à la négation du génocide arménien ou à celle de l'ensemble des génocides.

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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