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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 02:41

Sylvie Lhoste

mercato-valls.jpgRien dans les origines de Manuel Valls ne le prédestinait a devenir ce ministre « anti-roms » que nous exécrons aujourd’hui, bien au contraire.


D’abord, il est né à Barcelone en 1962, né d’un père espagnol et d’une mère suisse-italienne. C’est d’ailleurs l'une des rares personnalités politiques à avoir acquis la nationalité française par naturalisation à l’âge de 20 ans… Et puis il a fait partie de la Ligue des droits de l’homme (avant d'en démissionner en 1985)…

 

A priori des qualités idéales pour endosser le rôle de chef du ministère qui, depuis deux siècles, a pour vocation au cœur de l’administration française d'assurer sur tout le territoire le maintien et la cohésion des institutions du pays grâce à une organisation, des moyens humains et matériels permettant de garantir aux citoyens l'exercice des droits, devoirs et libertés réaffirmés par la Constitution de la Ve République.

 

Mais voila... Quand l'ambition et le mépris de l'autre s'en mêlent, ça dérape...

 

valls_karak.jpgEn 2009, lors du tournage dans sa ville d'Evry d'une séquence pour l'émission « Politiquement parlant » de Direct 8, dans les allées d'une brocante, il soupire: « Belle image de la ville d’Evry... », avant d'ordonner à son directeur de cabinet « tu me mets quelques Blancs, quelques white, quelques blancos. »


Le ministre justifiait quelques jours plus tard sur Europe 1: « Il ne faut pas avoir peur des mots mais dire les choses telles qu’elles correspondent à la réalité », ajoutant qu'il « se bat contre la ségrégation territoriale, sociale, ethnique » depuis vingt ans.


En 2011, en pleine campagne pré-électorale, le socialiste Manuel Valls a révélé avec force son attachement - qualifié d’« éternel » - à l’Etat hébreu. Le député de l’Essonne s’étant aussi déclaré hostile à la demande palestinienne d’adhésion à l’ONU… Des positions sans doute louables mais qui interrogent quand on sait que devenu ministre de l’intérieur, il a tout fait pour les supprimer de la toile... 

 

En octobre 2012, Manuel Valls déclare vouloir retrouver le niveau antérieur de naturalisations, autour de 110 000 par an. Mais en janvier 2013, une circulaire entre en vigueur qui ne prévoit pas plus de 30 000 régularisations par an, de plus, en 2012, 36 822 éloignements forcés ont eu lieu soit une hausse de 11,9 % par rapport à 2011.

 

Il déclare une première fois le 20 janvier 2013 que « les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à retour­ner en Roumanie ».

 

Large_roms.jpgEn septembre 2013, il annonce qu’un projet de loi sur l'immigration, initialement prévu pour la rentrée, sera reporté à 2014 pour y adjoindre un volet asile qui sera éventuellement examiné après les municipales de mars qui déclare avoir ouvert une concertation avec les acteurs du secteur de l'asile (État, organismes indépendants, élus, associations) en vue de réformer un système qu'il juge « à bout de souffle ». La demande d'asile « continue de croître : entre 2008 et 2012, le nombre de demandeurs d'asile a augmenté de 73 % », a expliqué le ministre, soulignant : « Sur les cinq premiers mois de l'année 2013, nous enregistrons déjà une augmentation de 10 % par rapport à la même période en 2012. »

 

Le 24 septembre, Manuel Valls répète à l’antenne de France Inter ce que son journaliste Thomas Legrand qualifie d’insensé :  « les Roms n’avaient pas vocation à s’intégrer à la France » et « il est illusoire de penser que l’on réglera le problème avec uniquement de l’insertion (…) ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres »… sous entendu, par nature, ces populations ne sont pas assimilables par la France !

 

Le 25 septembre 2013, face aux voix qui s'élèvent de toute part, le Ministre de l'Intérieur déclare qu'il n'a rien à corriger à ses propos...

 

La messe est dite...

 

~ o ~

 


Thomas Legrand - France Info - 25 09 2013

France-Inter.pngHier Manuel Valls, sur notre antenne a laissé entendre que les Roms n’avaient pas vocation à s’intégrer à la France… Et bien sûr, ce matin, ces déclarations font la Une de toute la presse.

Oui parce que Manuel Valls a changé la nature de son discours. Sans doute ne s’en est-il pas rendu compte lui-même mais il y a dans ce qu’il a dit hier une contradiction avec ce qu’il défend depuis longtemps. Manuel Valls est connu pour plaider, à gauche, en faveur une fermeté face à l’insécurité, pour que son camps cesse enfin de parler de « sentiment d’insécurité » et lutte de plein pied contre une réalité (et non pas un sentiment) : l’insécurité comme fléau social. Il veut incarner, à l’image de son mentor Clemenceau, une intransigeance républicaine sans complexe.

 

En cela il était entendu et même approuvé, ces dernières années, à la surprise générale, par les sympathisants socialistes et surtout par une grande majorité des élus de terrain. Il se trouve que le PS gère maintenant toutes les régions sauf une, et la quasi-totalité des grandes villes. Sur les questions de sécurité la gauche est devenu (forte de cette expérience) plus ferme.

 

Mais puisque la gauche est la gauche, elle avait à cœur de ne jamais oublier le contexte social et la prévention. Manuel Valls avait plutôt, jusqu’ici su incarner ce nouvel équilibre... Mais hier le ministre de l’intérieur a prononcé [NDLR ce n'était pas la première fois] une phrase insensée… c'est-à-dire qui ne correspond plus à cet équilibre, sur ces questions délicates, qui ne correspond plus du tout à la tradition républicaine dans laquelle il dit s’inscrire… et qu'un Clémenceau du XXIè siècle n’aurait pas pu prononcer je cite « il est illusoire de penser que l’on réglera le problème avec uniquement de l’insertion » (bon, jusqu’ici…pourquoi pas) mais voila la suite : « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres »… sous entendu, par nature, ces populations ne sont pas assimilables par la France »!

Là, Manuel Valls passe un cap

Oui, parce que comment un républicain, pour qui la France, normalement représente un pays qui prétend défendre des valeurs universelles, valables pour tous, sans rapport avec les origines, le sang, la culture ou la religion  peut-il prétendre que des individus issus d’un peuple, en particulier ne peuvent pas s’intégrer chez nous ?

 

Il peut dire que les conditions ne sont pas remplies, il peut dénoncer les mafias qui utilisent la misère et même se montrer intraitable avec l’application stricte des règles en matière d’immigration. Mais ça ne justifie pas de prononcer « l’inintegrabilité » d’une catégorie de personne à la France !

 

Le problème Rom n’est pas à minimiser, c’est un problème d’insécurité, de trafic humain, de banditisme, de nuisance, de  voisinage, c’est un problème sanitaire parfois, diplomatique entre deux pays du sud est de l’Europe et la France c’est un problème de réglementation européenne sans doute inconséquente… C’est un problème qui ne doit pas être traité avec angélisme ni faiblesse… mais ce n’est en rien un problème d’origine et de nature des 20.000, 22.000 peut-être, Roms présents sur notre territoire.

 

Il parait que Manuel Valls adore la biographie de Michel Winock consacrée à Clémenceau… il ne faut pas lire que la fin, le père la victoire, le mateur de grève, le chef de la police… Il faut aussi lire (relire d’urgence) le début et sa conception de la république Française et de ses valeurs universelles.

 

 

 

Réactions

 

Saïmir Mile, président de l'association La Voix des Roms, était l’invité du 22h de Public Sénat mardi soir. Interrogé sur les propos de Manuel Valls sur les Roms, il a dénoncé des déclarations « racistes » et a annoncé son intention de porter plainte.

« Les propos de Manuel Valls sont parfaitement racistes. (…) Le plus choquant dans son discours c’est quand il part de cette confrontation entre les modes de vie des Roms et les modes de vie français », affirme Saïmir Mile. « Nous allons déposer plainte conte le ministre de l’intérieur », ajoute le président de l’association.

 

Le PCF a de son côté évoqué des déclarations "xénophobes" qui "doivent cesser au plus vite". Et de pointer le discours paradoxal de la majorité : "Cette politique de bouc émissaire, la gauche l'a combattue ensemble en son temps, quand Nicolas Sarkozy se livrait à une détestable course à échalote avec le Front national. Ce qui était vrai hier, doit l'être aujourd'hui".

 

Pour le Mouvement européen contre le racisme (Egam), Manuel Valls s'est "vautré dans le larmier du populisme". Ses propos "insinuent que des modes et lieux de vie seraient déterminés par une origine ethnique. Ils nient la liberté de circulation de citoyens européens qui sera effective en 2014" poursuit la fédération.

 

La Ligue des droits de l'homme a estimé que "Manuel Valls devrait savoir, plus que quiconque, que l’usage de tels stéréotypes ne ressort pas d’un discours de vérité mais bien d’une volonté de stigmatiser une population dont la présence ne serait pas souhaitable en France". "De tels mots dans la bouche d’un ministre de la République ne sont pas acceptables, poursuit l'association. Ils le sont d’autant moins qu’ils ne satisferont même pas à l’objectif recherché, si ce n’est avoué, de préparer les prochaines échéances électorales."

 

Cécile Duflot :
25 09 2013
"Il faut réfléchir avec deux éléments très importants, a fait valoir la ministre écologiste du Logement. Les valeurs, celles de la République, qui sont des valeurs de fraternité, notamment, et puis aussi à des moyens d'intervention".
26 09 2013

Najat Vallaud-Belkacem jurait mercredi que tout le gouvernement soutenait Manuel Valls et son discours sur la question rom. C'était oublié un peu vite les ministres écologistes qui goûtent peu les propos du ministre de l'Intérieur. Cécile Duflot le disait jusqu'à présent hors micro. Mais ce jeudi, elle est sortie de sa réserve sans prendre de pincettes. La ministre du Logement Cécile Duflot a accusé jeudi 26 septembre Manuel Valls d'être allé "au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain" avec ses propos sur les Roms.

La ministre écologiste, qui assistait aux journées parlementaires de son parti Europe Ecologie-Les Verts à Angers, en a appelé à "la responsabilité du président de la République". "Je le dit avec mon franc parler légendaire, j'en ai ras-le-bol qu'on déguise parfois des discussions de fond en couac gouvernemental", a déclaré Cécile Duflot. Des propos qu'elle a maintenus quelques minutes plus tard, assumant de provoquer une nouvelle secousse.

 

 

La Commission européenne a une nouvelle fois menacé mercredi 25 septembre la France de sanctions en rappelant que les Roms, citoyens européens, ont le droit de circuler librement dans tous les Etats membres de l'UE.

"La libre circulation comme la liberté de résider dans un autre pays sont des droits fondamentaux [...] Si ces principes inscrits dans les Traités ne sont pas respectés, la Commission utilisera tous les moyens à sa disposition" pour sanctionner ces violations, a averti le porte-parole de la Commission Olivier Bailly. "Les Roms, comme tous les citoyens de l'UE, bénéficient de la liberté de circuler librement dans tous les Etats membres de l'UE et de résider dans un autre pays que leur pays d'origine", a-t-il insisté.

La Commission a déploré une confusion "volontaire ou involontaire" dans les règles et principes européens faite par les responsables politiques français. "Il y a de l'élection en l'air en France", a résumé Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission chargée de la Justice.

Elle a en outre accusé la France de ne pas mettre en œuvre sa "stratégie nationale" d'intégration des Roms, notamment de ne pas investir les 50 milliards d'euros mis à disposition des Etats membres par l'Union européenne pour l'insertion des Roms.

 

Sources

 

 

Lettre ouverte de Jean Ortiz à Manuel Valls

 

Monsieur le ministre,


Jean Ortiz historien, syndicaliste et homme politique français...Je vous ai écouté à France Inter puis à RMC, chez Jean Jacques Bourdin. Mal réveillé, j’ai cru entendre un dirigeant du Front national. J’ai même un moment pensé que, journaliste bien-pensant, vous interviewez le ministre de gauche J.J. Bourdin.

...Un peu d’eau fraîche sur le visage comme jadis le matin dans les "camps de concentration" d’Argelès, de Barcarès, où furent accueillis nos parents Républicains espagnols, et me voilà lucide.


...Non je ne rêvais pas. Il s’agit bien du ministre hollandien de l’Intérieur, Catalan naturalisé Français en 1982, et pas d’Albert Sarraut ni de Daladier, déjà ministres des barbelés "de gauche" dans les années 1930.


...Il y a en France environ 20.000 Roms, oui vous avez bien lu : "seulement" 20.000, mais si l’on en croit le ministre des "expulsions forcées" (dénoncées par l’agence moscoutaire Amnesty International), ils menacent la sécurité de notre pays, plus que le chômage, les huit millions et demi de pauvres, les coûts ravageurs de l’accumulation du capital, la "Françafrique", les ripoux en col blanc, les vampires du CAC40, les licencieurs boursiers....

Les Roms, les "voleurs de poules", voilà le danger, voilà le nouveau bouc-émissaire stigmatisé pour faire peur au "petit peuple", pour faire avaler l’austérité "de gauche", les trahisons, les reniements de ce gouvernement "caniche des Etats-Unis", un rôle que ne veulent même plus jouer les Anglais.


...Comme nous ne sommes pas aux Etats-Unis, on ne peut pas autoriser le port d’armes contre les Roms...Mais il y a des mots souvent aussi redoutables que les armes. Ecoutons le ministre "socialiste" tourner en rond : "Il est illusoire de penser que l’on règlera le problème (des Roms) par l’insertion". Pas besoin par conséquent de "stratégie d’intégration" comme le demande Mme Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne. Les Roms "ont vocation à retourner en Roumanie et en Bulgarie". Place donc aux pandores. Les Roms sont sans doute insolubles dans la civilisation... "Une majorité doivent être reconduits à la frontière"(M.Valls). Au nom de cette "libre circulation" garantie par les accords et traités européens ? Les Roms, c’est bien connu, sont réfractaires à "l’insertion", au droit à la santé, à l’éducation, au logement...Le ministre se flatte d’avoir démantelé 242 "campements" depuis le premier janvier 2013 ...11.982 migrants jetés à la rue et confrontés à une exclusion et une précarité redoublées. Rien ou si peu leur est proposé à la place.

"Etre de gauche" pour vous paraphraser Monsieur, ce n’est pas valser avec Guéant et Hortefeux,
ce n’est pas être le chouchou de la droite pour des raisons carriéristes,
c’est faire la chasse aux exploiteurs sans foi ni loi, à ceux qui "s’enrichissent en dormant", pas aux pauvres.


"Etre de gauche", c’est avoir un coeur solidaire
ce n’est pas patauger dans les marécages pourris qui font le jeu du Front National
nous resservir la "guerre des civilisations",
c’est préférer Jaurès à ce Clémenceau que vous aimez tan,t
c’est être avec les communards contre Thiers et les Versaillais,
c’est considérer que l’autre, "l’étranger", est un autre vous-même
que vous n’existez que par lui.


Mais pour comprendre tout cela, Manolo, il faut être de gauche.

...Qu’escomptez-vous Manuel Valls ? Donner des gages à l’extrême-droite pour acquérir le statut de "présidentiable" ? A ce prix, vous vous déshonorez, et avec vous la fonction que vous occupez.


Jean Ortiz Hernandez

 

 

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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