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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 02:23

  Sylvie Lhoste

 

J'ai titré l'article du 19 juillet dernier « Refusons ce « génocide » des roms indigne de notre république ». Cela a entrainé quelques remarques qui demandaient les précisions suivantes de ma part.

Reprenons le texte "fondateur" de mon article : la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée le 9 décembre 1948 par l'assemblée générale des Nations Unies, qui affirme, dans l'article 2 :

"Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe."

 

On y est tout à fait ! Sinon comment qualifier autrement que d'atteinte à l'intégrité physique ou mentale l'absence d'assistance à une population qu'on laisse sur le trottoir subir la canicule ou les grands froids ? Comment qualifier autrement que de soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entrainer sa destruction physique totale ou partielle que la non assistance à personnes en danger oubliée partout par les pouvoirs publics ? Sans compter les dégâts engendrés par leur violentes expulsions à répétition d'un camp à l'autre, d'un bout de trottoir à l'autre avec la destruction de leur lieu de (sur)vie ?


Si la liste des génocides reconnus par les historiens, les Etats ou les Tribunaux internationaux est longue, seuls trois d'entre eux ont été reconnus au plan juridique par des instances internationales dépendant de l'ONU :
- le génocide arménien commis par l'Empire ottoman en 1915-1916,
- le génocide des Juifs et des Tsiganes commis par les nazis,
- le génocide des Tutsis au Rwanda, commis par les milices hutues extrémistes en 1994.

 

Devons nous pour autant attendre qu'un jour, peut-être, "on" reconnaisse le sort qui a été celui des roms dans la patrie de la liberté, de l'égalité et de la fraternité depuis des années avant d'ériger une stèle à leur mémoire ? Devons nous assister en nous taisant aux vaines et discrètes demandes faites à la Roumanie d'intégrer les roms par l'accès au droit dans leur pays d'origine ?

 

Alors pour être « politiquement correct » je répondrai aux quelques critiques que mes guillements autour du mot "génocide" constituent une alerte sérieuse contre la passivité des individus et des institutions !

 

Pas convaincu ?

Pourtant, il est évident que le contexte économique de le France - crise, taux de chômage croissant, manque d'accès au logement décent -  est propice à la naissance et au développement de stigmatisation des précaires par les précaires... Un climat entretenu par les dirigeants de notre pays qui laissent s'installer la stigmatisation de ceux qui - selon les thèses répugnantes du Front National - viennent de l'étranger prendre la place des "vrais" français...

 

Un contexte aussi favorable à celui qui il n'y a pas si longtemps que cela, dans l'Allemagne d'Hitler, a entretenu la stigmatisation des juifs, des tsiganes et de minorités jusqu'à ce qu'elle aboutisse à la "solution finale". Car cette Allemagne là se présentait alors non pas en tant que nation politique, mais comme une communauté ethnique et culturelle dans le terreau de laquelle a fleuri l'horreur sans soulever beaucoup de résistances...

 

 

Nous sommes tous « frères » au sens où nous appartenons tous à l'espèce humaine qui est censée se distinguer des autres espèces par ses capacités de mémoire et d'imagination. Deux qualités qui devraient nous aider à nous souvenir d'un génocide pour en éviter un autre... 

 

 

18 h 30 : Et à ceux qui pensent que je mêle rapidement l'histoire d'hier avec celle d'aujourd'hui


Refusons ce « génocide » des roms indigne de notre républiqueFace à l'occupation d'un champ de sa commune par des gens du voyage, le député-maire (UDI) de Cholet (Maine-et-Loire), Gilles Bourdouleix, a affirmé devant un journaliste du Courrier de l'Ouest : "comme quoi Hitler n'en a peut-être pas tué assez".

 

La scène s'est déroulée dans un champ, à Cholet, occupé par 150 caravanes de gens du voyage.  Le maire a menacé de démissionner et en appelle au préfét pour faire évacuer le terrain.

"Excédé par les saluts nazis et les accusations de racisme des gens du voyage, le député-maire a évoqué l'extermination nazie, avant d'assurer qu'il démissionnerait ce lundi soir si le préfet refusait de faire évacuer le terrain par les forces de l'ordre", précise le quotidien régional.

Interrogé par Le Courrier de L'Ouest sur cette phrase, le député centriste nuance son propos. Il assure au Lab avoir dit : "Si c'était Hitler, il les tuerait tous ici". Et il accuse Le Courrier de l'Ouest d'avoir déformé ses propos.

 

Pour se justifier, l'élu enfonce le clou un peu plus profond en déclarant plus tard : « Vous faire traiter de Hitler, vous croyez que c’est agréable non ? On se fait injurier à longueur de temps. L’autre jour, ils me traitaient de pédophile. Alors qu’eux, la moitié des enfants sont entre pères, grands-pères… »

 

 

 

 

 

Je rappelle qu'en 2012, alors que la préfecture avait autorisé, en concertation avec les collectivités, un rassemblement « planifié de longue date du 30 septembre au 7 octobre » M. Bourdouleix s'y était opposé par la force avec intervention à sa demande de la police...

Le prefet s'étonnait alors que Gilles Bourdouleix ait « pris pour prétexte ces événements pour annuler la réunion relative à l'opération de rénovation urbaine des quartiers prioritaires Jean-Monnet et Bretagne-Bostangis, ne mesurant pas bien le rapport entre l'incident de dimanche et la situation des habitants de ces quartiers qui méritent plus d'attention ».

Voila comment à coup de provocations manipulatrices on dresse concrètement les plus précaires les uns contre les autres...

 

Vous pouvez signer la pétition "Pas de fachos à l'assemblée

et/ou écrire à M. Bourdouleix pour demander sa démission.

Par email ou par courrier : Hôtel de ville, rue Saint Bonaventure, B.P. 32135 - 49321 - Cholet Cedex

 


Voici notre email

 

Monsieur,

L'élu que vous êtes devrait avoir honte de ses provocations passées à l'égard des gens du voyage et des récents propos tenus à leur encontre.

Vous rendez-vous compte du mal que vous faites à ceux qui croient encore aux valeurs fondamentales de Liberté, d’Égalité et de Fraternité revendiquées comme celles de la France ?

Vous rendez-vous compte que vous alimentez les pires comportements xénophobes à l'encontre de personnes qui ont en France les mêmes droits que vous et moi ?

En tant que citoyenne française je ne puis tolérer que le premier magistrat d'une commune bafoue les lois jusqu'à s'aventurer sur le terrain de l'apologie des crimes contre l'humanité.

S'il vous reste une once d'amour propre à défaut d'humanité : démissionnez !

 

 


et celui d'Hélène Ramdani, créatrice des éditions du "Navire en pleine ville"


" Monsieur,

Vos propos - corrigés ou non - ont provoqué chez moi un mélange d'effroi et de stupéfaction. Ils sont indignes, indignes du pays des Lumières, indignes de l'esprit de la Résistance, indignes de la République, indignes d'un élu français. Pire, en les corrigeant comme on le rapporte, vous n'avez fait que confirmer le fond malodorant de votre pensée et prouvé qu'il n'y avait là nulle maladresse et rien que vous souhaitiez renier.
Eh bien je vous renie, moi, Monsieur, je renie vos mandats, votre droit à me représenter puisqu'aussi bien, et même si je n'ai jamais voté pour vous, votre statut fait de vous le représentant de la France toute entière : ce statut d'élu, je vous le refuse désormais, devant pareille indignité !
Démissionnez, Monsieur ! Démissionnez !
J'ose croire que nous serons nombreux à l'exiger, à vous condamner, à vous renier et qu'enfin Monsieur, vous n'aurez pas d'autre choix. Démissionnez !

Je ne vous salue pas".

 

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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