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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 03:19

Sylvie Lhoste

sdf 4« Je ne les imaginais pas comme "ça" les sans-abris », me dit un soir un bénévole. Après discussion, il était étonné que certains soient si « propres sur eux » et que quelques uns aient même un téléphone portable.
C'est sûr, en à peine deux décennies le profil des sans domiciles fixes a évolué. On est loin du « clodo »...

Un sans-abri peut-être un travailleur. Mais comme le profil du travailleur pauvre a lui aussi évolué à la baisse, la frontière devient souvent invisible, voire inéxistante, entre les deux catégories.
Un sans-abri, ça peut aussi être un réfugié politique, un réfugié de la mal-vie, un immigré qui a quitté pire que la France pour devenir ici l'une des ombres de la rue, un statut parfois plus enviable que celui qu'il avait là d'où il vient...

Un sans-abris l'est peut-être devenu par la perte de son logement. De ce côté, les choses s'enchaînent années après années de plus en plus vite dès que survient la perte d'emploi, la séparation, la maladie...
Un sans-abri aujourd'hui est parfois un sdf alternant parfois logement chez des amis, des connaissances, un squatt, un hébergement d'urgence, une voiture et... la rue.

Mais d'autres que moi se sont déjà livrer à l'excerice qui consiste à tenter de définir par quelques généralités des cas qui sont si souvent uniques que je vous laisse lire ce qui suit.

 

Mes draps sont en carton

sdf-1.jpgAvec le retour des grands froids, les « sans domicile fixe » refont leur apparition médiatique… comme chaque année. Julien Damon responsable de la recherche et de la prospective à la CNAF et professeur associé à Sciences-Po, tente de répondre à cette question : « Qui sont donc ceux qui arpentent ainsi nos rues et les transports en commun à la recherche d’une pièce ou d’un repas chaud ou d’un toit sous lequel passer la nuit ? ». Julien Damon qui a publié « La question SDF » est en tout cas formel : « Il ne s’agit jamais d’un choix raisonné »


Qui sont les SDF en France ?


Le sigle SDF, repérable dès le XIXe siècle sur les registres de police est aujourd’hui massivement employé en France pour désigner la population sans domicile fixe. Le mot intègre les significations de sans-logis (absence de logement), de sans-abri (victime d’une catastrophe), de clochard (figure pittoresque n’appelant pas d’intervention publique structurée), de vagabond (qui fait plutôt peur), ou encore de mendiant (qui sollicite dans l’espace public). Des hommes isolés (les clochards), des familles (les sans-logis de 1954) et des phénomènes assez différents (absence de logement, spectacle de la déréliction dans l’espace public, mendicité, etc.) sont ainsi assemblés dans une même appellation. Depuis une vingtaine d’années, les connaissances ont grandement progressé, notamment en raison des investissements de l’INED et de l’INSEE. Les trajectoires, les situations et les différences qui caractérisent cette population hétérogène sont beaucoup mieux connues. En un mot il s’agit des franges extrêmes de la pauvreté, avec des individus (surtout des hommes) vivant dans la rue et dans des abris de fortune, et des ménages pouvant être accueillis dans tout un ensemble de dispositifs, allant des centres d’hébergement d’urgence aux logements très sociaux. L’INSEE, sur une semaine de début 2001, a compté près de 80 000 personnes sans-domicile (dont 16 000 mineurs). Ceci ne veut pas dire que toutes restent sans-domicile durant toute l’année, mais ceci donne une idée de l’importance de la population.

 

Et en Europe ?


Les profils, les phénomènes et les réponses publiques peuvent sensiblement différer dans les pays de l’Union Européenne, mais partout les problèmes rencontrés par les personnes sont semblables. Si on dépasse l’Union Européenne, il faut prendre en considération le problème des migrations internationales. Une partie importante des SDF est composée de demandeurs d’asile venant des pays pauvres du Sud et de l’Est. La question SDF est certes une question de solidarité personnelle et nationale, mais c’est aussi désormais une question de coopération internationale.


Peut-on « sortir » de cette situation aujourd’hui compte tenu du peu d’emplois disponibles sur le marché et du manque important de logements sociaux ?


On peut toujours « s’en sortir ». C’est naturellement plus difficile quand l’accès aux emplois et aux logements est plus difficile. En outre, il s’agit toujours d’une compétition ou d’une concurrence. Quand les biens sont rares, il faut toujours que des choix soient effectués (proposer un logement à tel ou tel ménage). Ainsi ce sont le plus souvent ceux qui sont le plus aisément ou le plus directement assistés qui peuvent bénéficier d’un service. D’autres, plus en difficulté, peuvent se trouver éloignés des équipements et des prestations d’aide. Cependant je pense, à la différence d’autres observateurs, qu’il n’y a pas de fatalité ni de déterminisme. Il y a toujours des exemples de sortie de ces situations, même les plus extrêmes. En témoignent toutes les personnes ayant longtemps vécu à la rue, parfois avec de graves dépendances (alcool, drogue), et qui ont été remises sur pied, avec des associations et/ou des services sociaux.


Les différentes lois sur le vagabondage ont-elles accentué ou aggravé leur situation ?


Depuis 1994, vagabondage et mendicité ne sont plus des délits. Depuis la fin des années soixante-dix ces délits ont été de moins en moins utilisés pour enfermer ou repousser les pauvres. La principale conséquence, selon moi, a été une certaine facilité de la vie quotidienne des SDF qui ne sont plus obligés de se cacher ou de rester concentrés dans certains quartiers. Aussi sont-ils devenus de plus en plus visibles. Le retour à une certaine criminalisation de la pauvreté, notamment par l’intermédiaire administratif des arrêtés anti-mendicité estivaux, pousse à nouveau les SDF soit à se cacher, soit à quitter un endroit pour un autre. Il s’agit du volet coercitif de ce que je baptise un jeu de « ping-pong » consistant à se renvoyer les personnes et les responsabilités d’un site à l’autre et d’une institution à l’autre.


Quel type d’accompagnement éducatif ou social, voir thérapeutique est-il nécessaire de mettre en place pour aider ces personnes ? Le travail social a-t-il selon vous une mission ou un rôle à jouer pour tenter d’éradiquer ou de réduire le nombre de SDF ?


La problématique centrale, à mon sens, est de savoir jusqu’où il est nécessaire de spécifier les interventions en direction des SDF. La prise en charge des SDF doit-elle être une spécialisation professionnelle particulière, reposant sur des bases juridiques et des institutions spécialisées ? J’en doute fortement. Je pense que la question SDF est un concentré de tous les problèmes sociaux et urbains contemporains. Ce ne sont pas des interventions à la marge qui peuvent apporter la solution au problème. Ce sont plutôt des réformes générales de la protection sociale. Concrètement il s’agit de savoir si quand une personne semble en mauvaise posture à la rue, quelle qu’elle soit, il faut appeler la police, l’hôpital, les pompiers (des services publics, proposés à tout le monde) ou bien s’il faut faire appel à des opérateurs singuliers qui ciblent les SDF (samu social, accueil de jour, etc.). Je ne nie absolument pas leur utilité ni, surtout, leurs qualités. Je remarque seulement que depuis vingt ans on accumule chaque année, généralement dans l’urgence et l’émotion hivernales, des innovations très spécialisées, et qu’on annonce en même temps que les difficultés ne font que s’aggraver. Plutôt qu’un accompagnement spécial, je crois que le travail social, et plus largement toute l’architecture de notre protection sociale, devraient viser une approche universelle des gens plutôt que de s’attacher à découper les difficultés en tranches particulières. Ceci n’est pas qu’un vœu pieu. Un programme de simplification et d’unification de nos interventions sociales est possible.


Peut-on en déduire que notre société mérite ses SDF ? Ou qu’elle en a besoin pour justifier l’assistanat, la charité, ou simplement mieux faire accepter à une certaine population, certaines restrictions d’acquis, de salaires, ou de travail ?


Toute une tradition sociologique insiste sur les fonctions positives de la pauvreté. Les pauvres ont longtemps eu une place et un rôle social relativement spécifiés. La charité à leur endroit permettait de se rapprocher du paradis. Il est vrai également qu’une autre tradition sociologique considère que l’existence de populations miséreuses permet de faire accepter sa situation, un peu moins désastreuse, à une population laborieuse. Je pense que ces schémas conservent une part de validité. Cependant, depuis l’après-guerre, et avec toutes les constructions législatives autour de la lutte contre l’exclusion, il faut souligner que les SDF sont progressivement passés du droit pénal au droit social. Ce ne sont plus des asociaux à repousser, ni seulement des personnes à assister, ce sont aussi des citoyens dotés de droits civils, civiques et sociaux. Naturellement leur situation peut toujours être redoutée, mais je ne crois pas que notre société implicitement s’en satisfasse. Au contraire la France est certainement un des pays où le problème est le plus pris à bras le corps.


Peut-on, dès lors, penser comme certains que l’on choisit d’être SDF ?


Il s’agit d’une image du clochard qui aurait choisi la situation de ne plus avoir de choix. Il s’agit aussi de l’image du pauvre fainéant qui préférerait vivre de l’assistance plutôt que de ses efforts. Si dans certains discours on peut, mais très rarement, entendre des SDF exprimer un choix, il peut s’agir d’une rationalisation a posteriori. Plutôt que de devoir dire combien on est humilié d’être dans cette situation, on préfère la revendiquer. On parle de retournement du stigmate. Dit autrement et clairement, je pense qu’il ne s’agit jamais d’un choix raisonné. Mais je pense aussi qu’il existe toujours des choix, des possibilités d’adaptation, des opportunités, qui nous interdisent de voir les SDF comme des petits zombis désocialisés ou totalement désaffiliés comme insiste toute une littérature. Au contraire, il demeure toujours de la socialisation et des affiliations. Le reconnaître, c’est à la fois utile pour adapter des interventions sociales, c’est aussi accorder du sérieux à l’idée qu’il faut respecter la dignité de chacun et de tous.

 

 


 

 

Midi Libre

sdf-2.jpgL'association publie son 18e rapport annuel et une cascade de chiffres alarmants. Ils seraient 10 millions en France à être touchés par la crise du logement en France. 

La Fondation Abbé Pierre évalue dans son 18e rapport annuel à plus de 3,6 millions le nombre de personnes mal logées ou sans abri, et plus largement à près de 10 millions celles qui sont concernées par la crise du logement. L'association se base sur plusieurs études statistiques, notamment de l'Insee, dont les derniers chiffres sur le mal-logement datent de 2006.


SDF, chez des amis ou à l'hôtel


Les résultats d'une nouvelle enquête de l'Institut national de la statistique sur ce sujet sont attendus pour 2013. La Fondation Abbé Pierre recense des chiffres effarants. 685 142 personnes "privées de domicile personnel" (133 000 sans domicile, 18 142 en résidence sociale, 38 000 en chambre d'hôtel, 85 000 dans des "habitations de fortune" et 411 000 chez des tiers).


Difficultés d'accès au logement


Plus de 2,7 millions vivent dans des conditions de logement "très difficiles", sans confort ou très surpeuplés ; 172 847 personnes locataires de meublés ; 71 188 gens du voyage ne pouvant accéder à une aide d'accueil. Soit un total de plus de 3,6 millions de personnes "non ou très mal logées".


Défaut de paiement, menaces d'expulsion


La Fondation Abbé Pierre ajoute aux 3,6 millions de mal logés plus de 5,1 millions de personnes "en situation de réelle fragilité" par rapport au logement, c'est à dire occupant une copropriété en difficulté, un logement surpeuplé, ou devant faire face à des impayés. Elle évalue ainsi à plus de 8 millions les personnes concernées par des difficultés de logement. Elle estime également que plus d'1,1 million de ménages sont en attente d'un logement social, que 3,8 millions sont en situation de précarité énergétique (chiffres 2006), que 1,3 million de locataires sont en difficulté de paiement tout comme 565 000 propriétaires (2006), et que plus de 91 000 ménages sont menacés d'expulsion (chiffres 2009-2011). Des chiffres qu'elle n'additionne pas aux précédents (risque de doubles comptes) mais qui lui permettent d'évoquer au final 10 millions de personnes touchées, de près ou de loin, par la crise du logement.


Gilles Marchand - Sciences humaines
sdf-3-copie-1.jpgAu coeur de dispositifs d'aide de plus en plus ciblés, les SDF restent pourtant une population mal connue. Deux enquêtes, l'une sociologique, l'autre ethnologique, apportent de nouveaux éléments de compréhension.

17 octobre 2002, « Journée du refus de la misère ». Comme c'est le cas depuis la première édition en 1987, de nombreuses manifestations ont eu lieu, éparpillées dans de grandes villes françaises et étrangères, dont Bruxelles et New York. Quand on évoque la misère, l'image des sans domicile fixe (SDF) vient naturellement à l'esprit.

 

Et pour cause : ils sont visibles dans les rues, les stations de métro ou les gares. Une présence - voire une appropriation de certains lieux - dans l'espace public, qui selon Julien Damon, « provoque depuis une vingtaine d'années des réactions dans la population (généralement compatissantes, mais parfois hostiles), un intérêt médiatique et scientifique et un investissement institutionnel (déploiement de programmes ponctuels et de politiques de long terme) » (1).

 

A partir d'une analyse de documents (plus de 9 000 coupures de presse, des décrets et des lois, des données sur les dépenses publiques) et de recherches, le sociologue, par ailleurs responsable de la recherche et de la prospective de la Caisse nationale des allocations familiales, tente de dresser un état des lieux de la question SDF. Or, le constat général trahit le principal problème auquel sont confrontés les associations, les politiques publiques et plus généralement tous les acteurs de la prise en charge : « Dans un dialogue sur les sans-abri, les interlocuteurs parlent rarement de la même chose. »


Qu'entend-on par le terme de SDF ? Les personnes qui fréquentent des services destinés aux sans-abri ? Celles qui, sans habitat stable, vont d'une adresse à une autre ? Ou bien celles qui « peuvent être spontanément repérées dans la rue comme SDF », autrement dit l'image d'Epinal des clochards ? Si on prend en considération la complexité de la prise en charge - mesures d'urgence l'hiver, programmes sur le long terme touchant aux soins, à l'emploi, ou encore au logement - et les modes d'intervention, la situation s'approche dangereusement d'un véritable sac de noeuds : « La prise en charge des SDF est un ensemble hétéroclite de réponses à un problème hétérogène, sans véritable principe d'action unificateur. »


Même si, donc, la question SDF reste « un problème hétérogène », les études menées depuis une dizaine d'années permettent de mieux comprendre les caractéristiques de cette population. Ces travaux soulignent que « les SDF, même les plus marginalisés, ne vivent pas dans un monde différent. Au contraire, on observe un continuum de situations entre les personnes vivant dans la rue et celles qui séjournent dans des centres d'hébergement [...] ou des logements précaires. »

 

Pour comprendre ce qu'est la population des SDF, il faut retenir de ces travaux que, d'une part, elle n'est pas constituée d'un « stock » humain figé, mais faite d'entrées et de sorties. D'autre part, elle n'est pas une catégorie sociale homogène, le vécu de l'un, en termes de revenu, de lien social ou de logement ne correspondant pas à la situation d'un autre. J. Damon considère les SDF, pour son analyse, comme la cible d'une action publique. Il les envisage également comme des acteurs sociaux, agissant selon des croyances, effectuant des choix, développant des stratégies à plus ou moins long terme, et ayant des opinions, des idées, des valeurs. Leurs décisions peuvent être mal comprises - par exemple refuser d'être hébergé dans des structures spécialisées - mais ne sont pas pour autant irrationnelles - le refus peut être motivé par le besoin de préserver sa dignité ou le rejet d'une promiscuité trop douloureusement subie. Par acteur, il faut aussi entendre que le relâchement des liens n'équivaut pas à une situation de mort sociale. Les relations familiales, l'intégration ou le lien de citoyenneté peuvent être modifiés, transformés, fragilisés, ils n'en restent pas moins existants. Et pour rendre compte de leur mode de vie, J. Damon emploie le terme de bricolage, au sens « de débrouillardise, de tâtonnements et de capacités d'adaptation », un bricolage des ressources qu'ils peuvent saisir.


Tout d'abord, les SDF bricolent par nécessité économique, mais pas seulement. Les SDF cherchent à améliorer des conditions d'existence instables et frustrantes, en déployant des ressources d'imagination et d'innovation. Ils sont obligés de vivre au jour le jour, et doivent faire face aux imprévus du quotidien. Même s'ils agissent souvent seuls, certains d'entre eux échangent des conseils et des « tuyaux » avec d'autres sans-abri. Chacun gère sa vie à sa façon, utilise ou non les aides publiques proposées, tâtonne, découvre et affine ses méthodes de survie, mais toujours en disposant « d'une vue d'ensemble sur ce qu'il veut et peut faire en fonction de ses compétences et de ses objectifs ». Avec le temps, les SDF se constituent des répertoires de discours ou d'action, qu'ils adaptent selon le contexte, et nombre d'entre eux connaissent très bien la nature et la qualité des services proposés par les différents acteurs de la prise en charge. « La vie quotidienne des SDF ne peut donc être une existence bohème, chaotique, désordonnée, irrationnelle. » Elle est au contraire faite d'habitudes et de rythmes assez précis, qui peuvent être largement suffisants pour occuper une journée. Mais ces répertoires d'action évoluent, les modalités de bricolage également, en fonction des évolutions du système de prise en charge et des étapes personnelles de la « carrière » SDF.


Sous l'angle de la pathologie mentale


Très loin de la vision du SDF comme acteur social, un ouvrage paru en 2001 (2) a fait grand bruit, notamment auprès des acteurs sociaux de la prise en charge. Se plaçant dans une toute autre perspective de celle de J. Damon, le psychanalyste et ethnologue Patrick Declerck propose le fruit de quinze ans de travail de proximité avec une frange spécifique des SDF, les clochards. Selon lui, pauvreté et exclusion sont insuffisantes pour rendre compte de ce phénomène : « L'histoire de ces sujets, quel que soit leur milieu social, fait généralement apparaître une psychopathologie personnelle lourde, doublée d'une pathologie familiale importante. » Les phénomènes de désocialisation semblent, chez certains, dominer le tableau. Pour preuve, la « perte répétée, quasi programmée », des papiers d'identité. Il souligne également « l'immense résistance au changement souvent opposée par les clochards à toute amélioration durable et structurelle de leur état ».


Trois constantes ressortent d'après lui de l'approche clinique : des dysfonctionnements précoces dans l'enfance (relations maternelles perturbées, troubles du sommeil et de l'alimentation, scolarité problématique) ; de nombreux traumatismes psychiques et physiques les ayant touchés, eux ou leurs proches ; enfin un alcoolo-tabagisme qu'on retrouve comme une forte composante familiale. La clochardisation, pour P. Declerck, est un état irréversible qui n'aboutit jamais à une réinsertion.  

 

« Si pour ces sujets, il n'y a jamais eu insertion, comment pourrait-il y avoir réinsertion subséquente ? », s'interroge-t-il. En fait, ces SDF seraient dans une dynamique de répétition de l'exclusion : « Le clochard est un exclu qui en est venu à ne plus pouvoir vivre autrement que dans l'exclusion perpétuelle de lui-même. »


J. Damon reproche à cette vision son point de vue limité de la problématique SDF. « Dans cet ordre d'idée, les sans-abri constituent une population pathologiquement distinguable de la population générale, et la question SDF devient un problème qui ne s'analyse pas en termes d'inégalités et de mobilité sociale, mais en termes de morbidité et de catégorie singulière. » Et dans une interview récente (3), il rappelle que des gens s'en sortent, des « contre-exemples parmi ces gens que l'on dit complètement foutus ». Même si leurs positions divergent sur certains points, les différences tiennent avant tout à la manière d'approcher la population SDF. Plutôt qu'opposées, les deux analyses semblent en fait complémentaires...

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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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