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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 09:13

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Cela fait des mois que nous le disons : la police met tout en oeuvre pour chasser les roms des trottoirs parisiens. Ils sont systématiquement contrôlés dès qu'ils sont reperés et très rapidement, un oqtf (ordre de quitter le territoir) leur est délivré... Et dès que la date de cet oqtf arrivée, si on les croise, c'est le retour assuré vers une Roumanie ou une Bulgarie où ne les attend que misère et précarité.

 

Aujourd'hui, avec cette note interne sur laquelle Le Parisien a mis la main, on voit se rejouer les prémices anciens d'autres "recensements" avant déménagement forcé à l'Est.

 

Pourtant, rappelons qu'en France, cibler une population sur des critères ethniques est interdit !

Selon Le Parisien, le contenu de la note, rédigée vendredi dernier au commissariat de la rue Bonaparte, est donc particulièrement sensible.

Selon Le Parisien, le document serait rédigé par un officier de police, « sur instruction de la commissaire centrale ». Cette note demande « dès à présent et jusqu'à nouvel ordre, pour les effectifs du VI e arrondissement, de jour et de nuit, de localiser les familles roms vivant dans la rue et de les évincer systématiquement » .

Parmi les gradés de la police parisienne, le document ne laisse pas indifférent. « C'est violent et surtout illégal ! » commente sous couvert d'anonymat un haut fonctionnaire de la préfecture de police, « choqué ». Si ce fonctionnaire rappelle qu'il est illégal de mendier avec un enfant de moins de 6 ans, il estime néanmoins que « cette consigne maladroite et inadmissible stigmatise une population. Et de quel droit les évincer ? » poursuit-il.

 

Tout est interdit aux roms mais aucune proposition d'intégration ne leur est faite. Même lorsqu'on scolarise les enfants à Paris, les très rares hébergements proposés pour quelques jours sont 9 fois sur 10 à deux heures de route de la capitale, sans possibilité de se cuisiner, sans que quiconque ne livre de denrées alimentaires et sans opportunté de faire la manche !

 

A la mairie du VI e, la lecture n'est pas la même. Le maire , Jean-Pierre Lecoq, lui, n'est « pas choqué » par le ton de cette note interne. « On joue sur les mots. Ce qui me choque, c'est de voir des familles de Roms dans la rue avec des enfants en bas âge. Ce n'est pas acceptable sur le plan humain et social. »

 

Alors que l'hiver touche à sa fin et que les associations peinent de plus en plus à trouver des hébergements d'urgences auprès du 115, on préfèrerait donc les voir rentrer en Roumanie ou en Bulgarie ? Chassez cette misère du trottoir afin qu'elle ne nous trouble plus !


L'élu dénonce l'arrivée massive depuis deux mois de familles de Roms qui dorment dans la rue avec de jeunes enfants, autour de Saint-Germain-des-Prés. « Ils cachent des matelas dans des bosquets. Les familles ont triplé. C'est un vrai problème. » Jean-Pierre Lecoq a d'ailleurs eu une « conversation le mois dernier avec le préfet sur le sujet ». Selon l'édile, ces Roms ont traversé la Seine, depuis le début de l'année, « chassés du quartier de la Bastille (XI e) par la police ».

« C'est le jeu du mistigri, déplore Jean-Pierre Colombies, délégué du syndicat de police Snop-SCSI. On chasse les Roms d'un endroit à l'autre, d'un arrondissement à l'autre, ça ne résout rien. » Au passage, le syndicaliste des cadres de la sécurité intérieure regrette que « les fonctionnaires de police aient à exécuter des consignes de la préfecture de police qui elle-même est fort influencée par le pouvoir politique ».

A la préfecture de police de Paris, on est embarrassé, « choqué que cette note soit sortie du commissariat » à laquelle cependant on reconnaît « une facilité de langage malheureuse » dans la rédaction. Mais, « des instructions ont bien été passées au commissariat » du VI e, et c'est à la suite de l'alerte de Jean-Pierre Lecoq « qu'il a été décidé d'organiser des opérations coordonnées à vocation sociale ». Selon la préfecture, il s'agit bien d'une « opération de recensement, même si le terme n'est pas très heureux ».

 

Ces derniers jours, les roms de République eux aussi tiraient la sonnete d'alarme disant que la Police passe régulièrement leur dire d'aller ailleurs. Mais où ?

 

Evangéline Masson, du Secours catholique, « scandalisée » par les termes de la note, confirme cependant l'arrivée massive de familles roms depuis deux mois sur le VI e. La jeune femme, qui fait des tournées sur le VI e pour voir les Roms, dénonce des « délits au faciès et la stigmatisation d'une population pauvre ». « Les recenser pour les évincer, c'est déplacer le problème. »

 

Et nous sommes d'accord avec elle !


Au cabinet du préfet, on indique : « Au final, notre seule motivation, c'est que les enfants ne dorment pas dans la rue. » Et de citer le dernier enfant rom recensé qui dormait rue Danton, en plein coeur de Saint-Germain-des-Prés. Le nourrisson n'avait même pas trois mois, né le 8 février dernier...

 

Notre ambition est la même : qu'aucun enfant ne dorme dans la rue. Il faudrait enfin mettre en oeuvre les moyens de cette ambition !

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Published by Sylvie ASSE
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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

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Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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