Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

A l’attention de M. Christophe GIRARD, maire du 4e arrondissement de Paris

Monsieur,

Vous souvenez-vous de Giuseppe Belvédère, cet homme expulsé il y a environ 18 mois de l’appartement qu’il occupait au 131 rue Saint Martin dans le 4e arrondissement, sous le prétexte officiel de ne pas utiliser l’appartement en « bon père de famille » ?
Une expulsion en réalité motivée parce qu’il soigne et nourrit les pigeons du quartier. Une expulsion réalisée sans égard pour sa santé fragile et avant même que le jugement d’appel ne soit rendu !

Depuis ce temps,

- Giuseppe « habite » dans sa voiture rue Saint Martin et refuse toute solution d’hébergement, même au cœur de l’hiver. Il y a eu très froid et a été violemment agressé plusieurs fois, ce qui a nettement aggravé son état de santé (problèmes de dos, dents cassées, narcolepsie...).

- Comme si cela ne suffisait pas, sa voiture – son seul domicile – est régulièrement mise en fourrière. Il y a quelques jours, des témoins ont assistés, choqués, à un échange entre la police et M. Belvédère : « Les policiers ont affirmés que sa voiture sera mise en fourrière jusqu'à ce qu’il quitte le quartier. Ils lui ont conseillé d'aller le long de Seine, derrière le collège Couperin, là ou vivent de nombreux SDF. Ils se sont montrés clairs sur le fait qu'il n'avait plus le choix, les forces n'étant pas les mêmes… »

- Le 21 août dernier, une saisie arrêt sur la retraite de Giuseppe - inférieure à 600 € - a été mise en place : tous les mois, on va lui prélever 50 € jusqu’à ce qu’il se soit acquitté des 10 312,50 € d’amendes, c’est à dire dans 17 ans ! Il sera mort bien avant…

Allez-vous laisser perdurer la situation inhumaine vécue par cet homme de cœur, sobre, sain et cultivé dont le seul « crime » est d’aimer les pigeons ? C’est ce que se demandent déjà plus de 1 500 personnes rassemblées sur les réseaux sociaux en quelques mois pour défendre sa cause.

Giuseppe n’a pour tort que de souhaiter continuer à soigner les pigeons. Une association étudie une proposition de partenariat avec lui afin d’éviter leur concentration en un même lieu. A cet égard, tous s’impatientent de la lenteur d’exécution de la décision adoptée en 2008 par le Conseil d'arrondissement du 4e arrondissement d’installer un pigeonnier contraceptif dans le quartier...

Nous vous demandons d’intervenir avec diligence auprès de vos services, de la mairie de Paris et de toutes les instances concernées pour :
- mettre fin aux enlèvements de véhicule et aux verbalisations
- obtenir une main levée sur les saisie arrêts
- reloger M. Belvédère dans son quartier avant l’hiver
- nous préciser l’avancée de vos orientations en ce qui concerne la prolifération des pigeons

C’est dans l’attente de votre réponse – et dans l’attente de l’entretien que nous espérons nous voir accorder – que nous vous prions de croire, monsieur le maire, en l’expression de nos salutations courtoises.

 

Sylvie Donné

 

Collectif Assé

 

 

 
Monsieur le maire du 4e arrondissement de Paris,


J’ai bien reçu votre courrier de rentrée annonçant votre nouvelle fonction

et la constitution du nouvel exécutif municipal. Habitante du 4e arrondissement depuis presque 15 ans, je suis touchée des valeurs que vous prônez, comme les valeurs qui fondent notre patrie : liberté, égalité, fraternité, malheureusement souvent mises à mal.
Je me permets de m’adresser à vous, car aujourd’hui une situation grave touchant le 4e arrondissement bafoue ces principes. En effet, un homme âgé vit dans sa voiture depuis deux ans suite à son expulsion d’un logement de la ville de Paris situé dans le 4e arrondissement. J’ai écrit à votre prédécesseure, Madame Bertinotti, qui n’a pas entendu ma demande. Elle m’a fait envoyer une lettre explicitant les démarches qui devraient être faites pour lui : suivi social prévu pour les personnes sans domicile et soins psychiques. Je vous informe qu’il existe une page Facebook (Les amis de Giuseppe) comprenant 1000 abonnés outrés de la situation. Il existe également d’autres réseaux sociaux relayant l’information. Je me permets de vous réexpliquer la situation, car cet homme est aujourd’hui en danger du fait de l’acharnement des forces de l’ordre à mettre sa voiture, qui est son lieu de vie, en fourrière.
Ce vieil homme s’appelle Giuseppe Belvedere. Il est membre de la Société de Protection des Oiseaux des Villes et a pour mission de les nourrir, les protéger et les soigner. Or c’est pour cette raison même qu’il a été exclu de son logement en vertu de l'article L 1311-2 du Code de la santé publique qui interdit de nourrir les pigeons. Cependant, cette décision est paradoxale car il ne nourrissait pas les pigeons chez lui, mais dans certains endroits du quartier. Il a été d’ailleurs verbalisé à hauteur de plus de dix mille euros à cet effet. Il s’agit donc d’une double peine. Il y a eu de faux témoignages pour l’incriminer et dire que son appartement était insalubre. Son voisin de palier ne s’est jamais plaint, tandis que des habitants du 4e arrondissement (place de Beaubourg) se sont plaints de son appartement insalubre… Je connais personnellement des gens qui lui rendaient visite à ce moment-là et qui peuvent témoigner que son appartement n’était en aucun cas insalubre. Cependant la pression sociale a été plus forte et Guiseppe Belvedere a perdu son procès en appel. Il est depuis à la rue, vit dans sa voiture et continue, il est vrai, de nourrir et protéger les oiseaux.
La situation aujourd’hui se reproduit exactement de la même manière. Des habitants zélés se plaignent de l’insalubrité de sa voiture. Mais, comment avoir une voiture aseptisée lorsqu’elle devient lieu d’habitation depuis deux ans et qu’il faut braver tous climat. Il est depuis deux ans menacé de mort, d’être battu. Il est parfois violenté physiquement. Il vit dans une grande insécurité comme toutes les personnes sans logis. Mais aujourd’hui il est victime d’une insécurité encore plus grande, puisque les institutions de l’Etat : Mairie, Préfecture, Police, s’acharnent alors qu’elles ne l’ont jamais fait jusqu’à présent (hormis l’expulsion) à lui retirer sa voiture. Monsieur Belvedere ne sait jamais si le soir il retrouvera son véhicule qui je le rappelle est son habitat. Au vu de son âge, ceci est gravissime. En effet, vos prédecesseurs toléraient cette situation au regard des valeurs de la république. Je suis étonnée que cette tolérance ait disparu alors que le gouvernement est aujourd’hui socialiste et s’appuie justement pour gouverner sur la prise en compte des aspects sociaux. De plus, Monsieur Belvedere est un homme intelligent, cultivé et je sais combien le gouvernement socialiste devrait être attaché à l’importance de la culture. Ce monsieur est un homme rare, capable d’une pensée sur le monde digne des grands intellectuels. Il ne faut en aucun cas le considérer comme homme touché par une quelconque folie, car son implication auprès des oiseaux fait partie de son appréhension du monde et s’inscrit dans une pensée philosophique sur la société. Monsieur Belvedere mérite d’être écouté dans les écoles plutôt que relégué aux portes de Paris.
Les idées que vous prônez sont loins de la réalité qui touche aujourd’hui cet homme dont la situation met au jour combien la mise au ban des pauvres est actuelle. Elle peut nous rappeler l’horreur du parti fasciste de la seconde guerre mondiale. La France, berceau de la révolution, ne peut continuer à parquer ses pauvres loin du regard d’habitants plus « respectables » C’est pourquoi je vous demande de cesser cette mise en fourrière incessante de la voiture-abri de Monsieur Giuseppe Belvedere. A situation exceptionnelle, il est important de pouvoir mettre en place un traitement exceptionnel.
Je suis journaliste et je filme régulièrement Guiseppe Belvedere, ce qui immortalise sa pensée tout autant que la précarité de sa situation. Je n’hésiterais pas si le besoin s’en faisait sentir à médiatiser son histoire.
Il est aujourd’hui criminel d’enlever sa voiture à cet homme âgé pour qui c’est le seul refuge, pour apaiser quelques habitants choqués par la présence d’un homme pauvre dans leur quartier.
En votre qualité, je vous demande d’agir et d’intervenir rapidement pour que cesse la mise en fourrière régulière de sa voiture et pour que son ancien logement lui soit réattribué. Je comprends la nécessité pour vous d’apaiser les angoisses de certains habitants de l’arrondissement dont vous avez la charge, mais en aucun cas vous ne pouvez porter la responsabilité d’un acte criminel.
Je vous remercie de votre écoute et attend de vous que vous appliquiez les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité que vous avez très justement exposé dans votre lettre aux habitants du 4e arrondissement. Je souhaite être entendue autant que vous entendez les habitants qui se plaignent de sa présence.
Dans l’attente d’une intervention rapide de votre part, je vous prie de croire en l’expression de ma très haute considération pour la mission qui est la vôtre.

Diane RICHARD

PS : Il est inutile de m’envoyer une lettre type m’expliquant la situation de votre point de vue car je la connais.
Groupe FB les amis de Giuseppe

Partager cette page

Repost 0
Published by

Invitez A Nous Lire

  • : Aidants des sans-abris, sdf et exclus
  • Aidants des sans-abris, sdf et exclus
  • : Un outil pratique né des premiers rassemblements de citoyens sur les réseaux sociaux, nés au coeur de l'hiver 2012.
  • Contact

SOUTENEZ NOS ACTIONS

Cliquez sur l'image

comment-pouvez-vous-soutenir-nos-actions.png

Chercher Un Article

J'AIME CET ARTICLE

Pour augmenter l'audience de

cet article cliquez sur le petit coeur.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Merci !

 

Pour ajouter des fans à notre page

de liens Facebook, cliquez sur ce lien.

like.jpg

 

Merci !

 

 

Archives

page-accueil.png

QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

Membres du CA et du bureau

Bulletin d'adhésion